Pour tenir compte des écarts entre les femmes et les hommes en matière de postes occupés, de parcours professionnels et agir en prévention, le réseau Anact-Aract compare les conditions de travail et d’emploi des femmes et des hommes à partir de quelques questions et constats simples.

Femmes et hommes occupent-ils les mêmes postes ? Quand les postes sont mixtes, font-ils le même travail ?

Il est fréquent que non. Dans le secteur des services (55% de femmes), par exemple, les femmes sont concentrées sur les métiers d’administration, d’éducation, de soin… Dans les emplois ouvriers (19% de femmes), elles sont largement cantonnées à des travaux peu qualifiés, parcellisés, répétitifs et sous contrainte de temps.

Femmes et hommes sont-ils exposés aux mêmes risques professionnels ? Les pénibilités des postes majoritairement occupés par des femmes sont-elles prises en compte ?

Les pénibilités de ces postes sont souvent sous-évaluées car elles sautent moins aux yeux, sont plus « discrètes », que celles de nombreux postes occupés majoritairement par des hommes : pénibilité liée aux gestes répétitifs dans les postes industriels d’assemblage ou de conditionnement moins visible que celle liée au port de charges lourdes ; pénibilité liée à l’exposition au risque chimique diffus dans les métiers de la coiffure ou du ménage chez des particuliers ; pénibilité liée au stress dans les postes administratifs oublié au profit des pénibilités plus visibles des postes manuels…

Femmes et hommes sont-ils exposés aux mêmes contraintes temporelles de travail ?

Il est fréquent que non : par exemple, les homme travaillent davantage de nuit, les femmes avec des horaires coupés, tôt le matin et tard le soir. Comment ces contraintes s’articulent-elles avec celles de la vie personnelle, familiale notamment, qui pèsent davantage sur les femmes ?

Femmes et hommes ont ils les mêmes parcours ?

Il est fréquent que non. Les métiers ou secteurs fortement féminisés offrent moins de perspective de parcours. Par ailleurs, dans les métiers ou les secteurs mixtes, les femmes ont des carrières plus immobiles que les hommes.
 

Comparer pour quoi faire ?

Ce questionnement permet de mettre en évidence des écarts et situations de pénibilité peu visibles. Il permet par exemple d’éviter de penser les TMS qui touchent souvent les femmes comme « des problèmes de femmes ». Il met la focale sur les conditions de travail et d’emploi de tous les salariés, femmes et hommes, et ouvre le champ des possibles en matière de prévention de l’usure professionnelle. Il permet ce faisant de faire progresser l’égalité professionnelle des femmes et des hommes, sur un registre peu usité, mais pourtant essentiel en terme de sécurisation des parcours et de maintien de l’employabilité.