Les tiers-lieux, les ergonomes et le regard du réseau Anact-Aract

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    Chargé de mission de l’Aract Auvergne-Rhône-Alpes et contributeur d’une étude interrégionale sur les tiers-lieux, Damien Granier est intervenu sur ce thème aux Journées d’ergonomie de Bordeaux qui traitaient cette année des innovations dans le travail.

    Tu es intervenu avec l’Aract Nouvelle-Aquitaine sur le sujet des tiers-lieux… Quels ont été les messages clés de votre présentation ?
    Le numérique a considérablement transformé notre façon de travailler. Ainsi, pour certaines activités, il est possible de travailler n’importe où et n’importe quand. Le lieu de travail n’est plus uniquement l’entreprise ou le domicile, il peut s’agir d’un troisième lieu (concept de « tiers-lieu ») dans lequel les travailleurs peuvent se retrouver pour partager leurs compétences mais aussi fabriquer, produire, échanger, faire ensemble… Notre présentation aux Journées de Bordeaux avait pour objectif de mettre en débat les nouvelles façons de travailler dans ces tiers-lieux (espaces de coworking, fablab, hackerspace…) et de voir dans quelles mesures ils pourraient devenir des alternatives organisationnelles pour le travail de demain.

    Quels regards les ergonomes peuvent-ils porter sur les tiers-lieux ?
    Les ergonomes portent la question du travail et de ses conditions de réalisation comme principal objet d’investigation de leurs interventions. Ils ont donc un intérêt particulier à se pencher sur ce sujet des tiers-lieux, d’une part vis-à-vis des nouvelles formes d’organisation et de mutation du travail qui peuvent s’y révéler (entreprise libérée, organisation auto-responsabilisante, agile…), et d’autre part parce que les tiers-lieux peuvent être potentiellement des lieux d’intervention pour les ergonomes.

    Quel regard spécifique le réseau Anact-Aract peut-il de son côté apporter ?
    Au sein du réseau, nous avons pour vocation à aller sur des sujets nouveaux et émergents : les tiers-lieux en font partie bien évidemment ! L’étude inter-régionale menée sur ce sujet depuis plus d’un an s’est inscrite dans une perspective exploratoire. Cela nous a permis, dans un premier temps, de découvrir ces nouveaux espaces de travail (une vingtaine de tiers-lieux investiguée en France dans le cadre de l’étude) et, dans un second temps, de sortir de la vision idéaliste et promotionnelle affichée par les tiers-lieux pour mettre en débat la question du travail, des conditions de travail ainsi que des conditions d’emploi.